Triste planète

Assise dans ma bulle en attendant la sortie de l’école, je regarde le monde qui court autour de moi. Et qu’est-ce que je vois ?

Je vois des mendiants aux pieds nus. Des mendiants aux pieds sales, qui traînent leurs guenilles poisseuses d’une poubelle à une autre ; qui éventrent des sacs plastique remplis d’ordures gluantes et qui mangent, à même la puanteur de la benne, debout sous la pluie.

Je vois des gosses des rues. Des gosses perdus, qui rasent les mûrs, le poing serré sur le nez, les yeux noyés dans leurs vapeurs de colle.

Je vois des estropiés exhiber leurs infirmités aux feux rouges. Des enfants placés là pour quémander quelques pièces. Je vois des mains qui se tendent.

Je vois des hommes et des femmes à la peau sombre. Des hommes et des femmes venus d’au-delà du désert. Ils ont tout laissé derrière eux, ils ont parcouru des kilomètres pour se retrouver là, face à ce bras de mer qu’ils ne peuvent traverser. Ce qu’ils croient être l’Eldorado est au bout de leurs yeux, presque à portée de main. Si proche et pourtant inaccessible.

L'Europe et l'Afrique face à face

Assise derrière mes vitres dans le petit confort de ma vie, je regarde toute cette misère autour de moi, impuissante. Je ne pourrai jamais m’y habituer. Je ne voudrais jamais m’y habituer. Mais parfois, ne m’en veuillez pas, ça fait trop mal – je ferme les yeux une minute pour oublier.

Publicités

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s