Et l’aïd, alors ?

Vous raconterai-je ces deux jours de frénésie, là-bas, dans ma belle-famille ?

Vous décrirai-je mon départ en traînant les pieds ? Mes réticences et mes appréhensions ? Ma crainte d’être à nouveau perdue au milieu d’un charivari dont je n’ai pas reçu les clés ?

Vous dirai-je les moutons, les couteaux, le sang, la viande ?
Vous dirai-je le bruit, les cris, les odeurs, la fumée âcre qui prend à la gorge ?

Bonne fête

Et si je vous parlais plutôt des joyeuses retrouvailles ? De toutes ces joues sur lesquelles on a fait sonner de bruyants baisers ? Des enfants qui couraient partout, profitant de voir les adultes occupés pour faire les 400 coups ?

Si je vous parlais de l’effort collectif ? De l’entraide et du partage ? Du dévouement des uns et des autres ?

Si je vous racontais les fins de repas tout en longueur ? Les conversations féminines qui vont du rire aux larmes ? Les souvenirs évoqués, tantôt heureux, tantôt tristes ? Les vacances d’autrefois… La place à jamais vide à notre table…

Toute une tranche de vie partagée depuis tant d’années. Tant d’évènements à évoquer. De brochette en verre de thé, nous voilà réunis dans les mêmes joies et les même peines. Nous sommes une famille.

Aujourd’hui, bizarrement, je me sens remplie d’amour et de confiance en la nature humaine. Il y a parfois des moments qui vous réconcilient avec la vie.

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14 réflexions sur “Et l’aïd, alors ?

  1. Aid mabrouk alors 🙂
    Ton billet me rappelle tant de souvenirs. Je me suis revue, enfant, courir et jouer dans le jardin de ma grand-mère, incontournable QG pour y célébrer toutes les fêtes en famille. La belle époque…

    1. Mabrouk aïdik â Asmaa !
      J’imagine que ce sont de supers souvenirs d’enfance. Je n’ai connu ça qu’une fois adulte et c’est toujours un peu compliqué pour moi qui n’aime pas la viande !
      Mais cette année, j’ai beaucoup apprécié ce moment de retrouvailles.

      1. Merci Marie.
        Oh tu n’es pas la seule pour la viande. Le vilain petit mouton noir (c’est le cas de le dire) au sein de la famille, ça a toujours été moi. Pendant l’aïd, j’étais la seule a ne pas manger comme les autres parce que je ne supporte pas le goût du monton. Résultat, sandwich thon ketchup fait par amour par ma maman.

  2. Je suis heureuse que tu ai passé un bon moment en famille, que tu ai pu profiter pleinement de ces retrouvailles Marie. Ce sont ces instants doux et légers qui nous montrent que le monde qui nous entoure peut aussi être porteur de joie et de sérénité.

      1. Hé bien, je ne me suis pas sentie seule comme l’année dernière (mon mari n’a pas sa famille ici et la mienne n’est pas musulmane), je suis allée saluer mes voisines et ça m’a suffi pour ressentir la joie de la fête, on a fait une petite fête juste entre nous, c’était bien ! 🙂

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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