Lixus – ville antique au Maroc

Ça faisait longtemps que j’avais envie de visiter le site archéologique de Lixus ; un site mentionné par tous les guides touristiques et annoncé par un immense panneau au bord de l’autoroute.

Chaque fois que je passais par là, je me disais que ce serait à faire, un jour, sans jamais me décider pour autant.

Et puis hier, allez savoir pourquoi, j’ai cédé aux assauts insistants de ma fille qui y était allée au printemps et n’avait de cesse de me dire à quel point c’était joli.
Allez, maman ! Allez ! Tu vas adorer !

Nous voilà partis pour Larache, une petite ville côtière à environ 80 km de Tanger.

Je m’attendais à trois pans de murs encore debout et deux ou trois colonnes abandonnées à la végétation…

Mais c’est toute une ville que j’ai découverte, avec ses quartiers d’habitation, ses thermes, ses temples, son amphithéâtre – unique au Maroc.

Lixus, ville antique

Il paraît que seule une petite partie du site a été mise à jour, le reste attendant encore, faute de fonds, de pouvoir livrer ses secrets – des secrets sans doute nombreux puisque le site comporte quatre périodes d’occupation différentes : phénicienne d’abord, puis carthaginoise, romaine, et enfin, arabe. Quatre périodes, quatre couches à fouiller.
À Lixus, les archéologues ont encore du pain sur la planche !

Au pied de la colline, on commence la visite par l’usine de salaison de poisson : des dizaines et des dizaines de bassins en pierre qui s’alignent les uns à côté des autres. Du temps de la Maurétanie tingitane (de Tingis, le nom antique de Tanger), on confectionnait ici le fameux garum, une sauce à base de viscères de poissons qu’on mettait à macérer dans du sel et qui était un incontournable de la cuisine palatine.
Les citernes destinées à recueillir les eaux de pluie, et les canalisations pour l’entretien des bassins sont encore bien visibles. L’eau, ici, devait couler à flots.

Plus haut, on découvre les thermes. Ils sont dédiés à Neptune, bien sûr, et orientés face à la mer. Du moins, ils l’étaient, car la mer n’arrive plus jusque là aujourd’hui.
On distingue encore de la peinture bleue et rouge sur quelques murs. Est-elle vraiment d’époque… ? Le guide dit que oui… Dans la salle cerclée de bancs en pierre qu’il nous présente comme les vestiaires, il nous indique des traits verticaux qui auraient figuré autrefois des colonnes. On s’y croirait !
Il nous explique aussi qu’une magnifique mosaïque est enfuie sous nos pieds. On l’a cachée pour la protéger.

Juste au-dessus, le cirque est bien reconnaissable avec son haut mur circulaire et ses gradins à flanc de colline. Je m’imagine ici des représentations théâtrales, des tragédies grecques… Mais le guide, lui, évoque des gladiateurs et des fauves ! Des lions de l’Atlas, figurez-vous !
J’avais presque oublié que ces éminents Romains, dont j’admire la sophistication indiscutable, pouvaient aussi avoir des mœurs sanguinaires dignes de ceux qu’ils appelaient des barbares

Les arènes

Plus haut encore, les vestiges d’un temple, dédié à Neptune toujours. Rien d’étonnant, finalement, pour une cité antique qui devait sa prospérité à la mer…
La vue est superbe. On voit l’oued Loukkos serpenter à travers la plaine immense.

Temple de Neptune

C’est au sommet de la colline que se trouve le quartier d’habitation. On distingue bien les pièces agencées autour d’un patio central, le bain, le four…

Mais pour nous, la visite s’achève là. Malheureusement, ma fille (chérie à moi que j’aime) a fait un malaise, à peine arrivée au point culminant de la visite. Il faut dire qu’il faisait vraiment très chaud. Prévoyez des casquettes et des litres d’eau fraîche, si vous y allez en été (ou même à l’automne, d’ailleurs !).

Il nous restait encore plusieurs vestiges de bâtiments munis de colonnades à voir, mais ce sera pour une prochaine fois, incha-Allah… Un jour où il fera moins chaud !
À ce stade de la visite, on avait tous rangés nos appareils photos et on n’avait plus tellement la tête à écouter des explications – que d’ailleurs, le guide ne nous a plus données. Le pauvre était tout aussi chamboulé que nous.
On s’est contentés de redescendre la colline, en admirant la vue du bout des yeux et en salivant déjà à l’idée du cola bien frais qui nous attendait quelque part, sur une aire d’autoroute…

Nota bene (pour garder une petite note antique) : il me reste encore une chose importante à vous dire !

Si vous projetez de vous rendre à Lixus, munissez-vous d’un bon GPS, ou alors n’hésitez pas à recourir au fameux GPS marocain de Gad El Maleh (« Allez, ouvre la funêtre et demande à çului-là… ») ! Armez-vous de patience et d’un bon plein de carburant !
Si le site est mentionné partout comme valant le détour et annoncé par un panneau immanquable sur l’autoroute Tanger-Casablanca, en revanche, une fois sorti du réseau autoroutier, plus aucun panneau ne le signale ! Pas un ! Il nous a fallu de nombreux tours et détours pour arriver à bon port, et malgré 4 paires d’yeux et un GPS allumé, on est carrément passés devant l’entrée sans la voir, la première fois !

Enfin, il semblerait que d’ici peu, ces désagréments ne soient plus que de l’histoire ancienne, le site étant en cours d’aménagement. Il y a de l’espoir, donc.

Pour ma part, j’attendrai le printemps pour y retourner. Ma fille dit que c’est tout fleuri à la belle saison…

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5 réflexions sur “Lixus – ville antique au Maroc

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