Derrière nous, janvier

Le voilà déjà écoulé, ce premier mois de l’année. Ce mois du renouveau, de toutes les résolutions, de toutes les aspirations.

Il avait superbement commencé, dans ce petit village de montagne. Il avait vu le jour dans les braises encore chaudes de nos vacances en famille. Il avait éveillé des rêves, ouvert de nouvelles perspectives, de nouveaux possibles.

Haut

Là-bas, dans le silence et la fraîcheur de l’Atlas, au bout de cette route que seuls connaissent, en dehors des locaux, les passionnés de sommets enneigés, de vagues idées avaient soudain pris tout leur sens, comme les pièces d’un puzzle qui auraient fini par trouver leur place. Et si… ? Et si c’était ici, finalement ?

Et si c’était l’occasion de donner vie à mon envie, à cette image imprécise que j’ai de l’avenir et qui m’habite pourtant comme une drôle de certitude. Mon horizon s’était alors coloré de belles promesses. Je n’avais rien vu de la route du retour, toute perdue que j’étais, à mi-chemin entre rêves et projets.

Je suis rentrée gonflée à bloc, le cœur plein d’images et de… gratitude ! Car je me suis rendue compte à ce moment-là que l’idée seule (bien plus que sa réalisation) me remplissait de joie ; que si on m’avait dit alors que 2015 verrait le terme de ma vie et que je n’aurais pas le temps de voir mes rêves aboutir, je n’en aurais pas été malheureuse. Je me serais sentie privilégiée d’avoir eu de si beaux rêves pour illuminer ma vie.

Tanger, cap de Malabata

C’est ce que je ressens aussi pour mes projets d’écriture. Ils me remplissent et me comblent, et même s’ils ne m’emmènent pas bien loin, je n’en serai pas chagrinée. Pour moi, chaque texte bouclé est déjà un aboutissement et j’y trouve une grande satisfaction.

En janvier, donc, il y a eu la sélection des deux textes que j’avais proposés sur Short Édition. Une étape importante pour moi dans ce cheminement-là, car écrire est une chose, mais oser se faire lire en est une autre ! Et j’arrive de loin, croyez-moi ! C’est toute une progression que j’ai dû faire avant d’en arriver là, notamment grâce à vous qui me lisez ici. Donc, une petite victoire contre ma timidité, et une forte envie de m’améliorer pour aller plus loin encore, si Dieu me le permet…

En janvier, il y a eu aussi ce journal que je m’étais promis de tenir au jour le jour. Pas un journal intime, non. Plutôt un carnet de poésie. Écrire chaque jour, ne fut-ce que quelques mots, une phrase, un vers, une strophe, n’importe quoi, mais écrire !

D’abord parce qu’il me semble que l’inspiration se nourrit d’elle-même. Plus vous écrivez, plus les mots s’imposent à vous.

Ensuite parce que je trouve que les jours filent à toute allure sans qu’on n’y prenne garde, comme si on en avait une provision inépuisable. Or chacun est unique et ne reviendra pas.

J’avais envie de faire de chaque jour un poème, de donner de la couleur et du relief même aux journées les plus sombres et les plus plates. C’était mon petit projet perso pour 2015…

Je m’y suis tenue une semaine !

Que s’est-il passé ? Le 7 janvier, qui m’a frappée de plein fouet, comme vous sans doute. Je me suis retrouvée comme assommée et, après un premier flot pour dire toute mon horreur et ma tristesse, comme privée de mots.

J'écris ton nom

Janvier est fini. Je reprends doucement le fil pour vous dire qu’après tout, il n’était pas si mal, ce premier mois.

Il m’a vue perdre espoir devant la barbarie, puis reprendre confiance devant le nombre de voix qui se sont élevées pour clamer haut et fort de belles valeurs communes.

Islam is peace

Il m’a vue suivre de près une actualité bouillante, puis revenir dans ma bulle, un léger vague à l’âme.

Il m’a vue me réjouir pour eux à l’annonce d’une décision de soins que je n’attendais plus. Il m’a vue sourire à l’annonce d’une future naissance, une petite fille après trois p’tits mecs, comme chez moi. Il m’a vue sur un nuage le jour où une carte amie est arrivée ; une carte de Paris, accompagnée de mots très inspirants… Merci Marie !

Il m’a vue grelotter près du chauffage et bailler à m’en décrocher la mâchoire. Il m’a vue repousser chaque jour un peu plus le moment cruel de m’arracher à ma couette. Il est presque parti se cacher quand il m’a vue sautiller en battant des mains sous les regards incrédules de ma progéniture… à la simple idée que les jours rallongeaient !

Il m’a vue verser ma larmichette devant la gare à chaque début de semaine et trépigner d’impatience chaque vendredi soir. Il nous a vus savourer goulument d’habituelles retrouvailles que je ne vous raconterai pas ici…

Il nous a entendus discuter âprement, nous a vus en total désaccord, et contents de l’être ! Pouvoir s’écouter même quand on n’est pas d’accord (SURTOUT quand on n’est pas d’accord !), n’est-ce pas un luxe formidable ?!

Il nous a entendus rire autour d’un livre partagé, mais il m’a vue aussi m’efforcer de faire entendre raison à la paresse après la réunion parents-profs. Il m’a entendue hausser le ton pour les mots dans le carnet, puis m’a vue me fâcher tout rouge à la énième heure de colle !

Il m’a vue désespérée de n’avoir pas réussi à leur transmettre un tant soit peu le goût de l’étude. Puis, il m’a vue rayonner en cachette lorsque je les entendais faire de savants calculs pour répartir équitablement le contenu d’un paquet de chips ou quelques poignées de bonbons.

Il nous a vus nous taquiner à la moindre occasion, histoire de se dire autrement ce qu’on n’ose pas se dire avec des mots.

Bubbles

Il nous a vus vivre, tout simplement.

Et vous, ce mois de janvier ?…

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14 réflexions sur “Derrière nous, janvier

  1. Tout ce que je peux dire, c’est que ce mois de janvier ne m’a pas laissé indifférente… Que de rebondissements, de hauts, de bas et encore de hauts… Tout ce que j’espère, c’est de pouvoir continuer à voir le positif, aussi minime soit-il, chaque jour de cette année. Te lire est un délice, Marie ! Merci !

  2. Je rejoins Karine, te lire est un pur moment de douceur. Janvier m’a prise au dépourvu, même si j’ai appris que souvent les grands bouleversements sont précédés par des moments de chaos intenses. Il faut arriver à les vivre sans s’abîmer et sans se perdre.
    Janvier m’a comme toi donné des ailes pour aller plus loin, m’a donné plus d’assurance, m’a donné envie de saisir chaque opportunité pour créer encore plus de beau et m’a rappelé que chaque action est importante, que nos messages d’amour doivent être relayés, qu’il faut s’aimer, avant toute autre chose. Et se le dire aussi.

    1. Oui, Marie. Au final, je crois que les tristes événements de ce début d’année nous ont tous poussés à attraper un stylo, un crayon, n’importe quoi, et à nous exprimer d’une façon ou d’une autre pour opposer un message positif à la noirceur. Ça nous a peut-être fait réaliser à quel point des valeurs qui nous semblaient pourtant aller d’elles-même étaient essentielles.

  3. Moi au mois de janvier j’ai retrouvé ton blog qui s’était perdu dans les méandres de mes favoris et je t’ai lu plus assidûment ,j’ai découvert tes textes émouvants et magnifiques.ça m’a mis du baume au cœur et de l’espoir aussi…inch allah

    1. Merci Claby. Je suis très heureuse de savoir que mes mots t’ont mis du baume au cœur. Du coup, c’est moi qui suis sur un petit nuage ! Merci beaucoup pour ce doux commentaire 🙂

    1. Merci beaucoup Miss K’ty. J’espère que ces larmes ne sont pas à cause de moi ?! Je m’en voudrais de t’avoir rendue triste 🙂
      Au plaisir de te lire à nouveau…

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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