Chroniques de mon balcon : la chaleur d’un foyer

Avec cet article, j’aimerais inaugurer, peut-être, si j’arrive à m’y tenir, une nouvelle rubrique : les Chroniques de mon balcon !

Une façon de vous raconter 1001 facettes du pays où je vis, car de mon balcon, je vois tout. La ville entière défile sous mes yeux. J’observe de loin ce spectacle permanent. Tous ces destins qui se pressent ; toutes ces vies qui passent…

*****

Nuit d’encre sur la ville.

Les boulevards somnolent dans les halos jaunes des réverbères. Les sommets des tours ont disparu, engloutis par l’obscurité. Au loin, des lumières bien rangées se reflètent dans les eaux sombres du port. Quelques phares balayent encore les routes et les trottoirs.

Ça et là, de petites étoiles scintillent sur les façades et rappellent que ce monde est habité ; que des gens sont là, bien à l’abri derrière leurs carreaux. On distingue les lueurs tamisées de quelques foyers chaleureux ; les éclairs colorés des écrans allumés.

Soudain, au niveau du sol, une petite flamme apparaît au milieu des ténèbres. Elle se met à vaciller vaillamment entre les tours de verre et de béton, au centre de cet espace laissé à l’abandon. Elle grandit, malgré le vent, dans le carré d’herbe sale où elle s’est installée. Elle s’épanouit entre deux agglos et un buisson d’épine.

Une petite flamme solitaire dans les ténèbres indifférentes. Et deux mains autour. Deux paumes tendues. Un visage où dansent les ombres. Des yeux où brille le désespoir.

Ce soir, comme tous les soirs, il dormira dehors, avec la nuit pour seule couverture.

Au coin du feu

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11 réflexions sur “Chroniques de mon balcon : la chaleur d’un foyer

  1. Je crois que je vais aimer cette rubrique Marie. C’est si bien écrit, on a l’impression d’être avec toi sur ce balcon. Cette réalité fait toujours mal.

    1. C’est vrai que de mon balcon, je vois beaucoup de choses qui font mal, Marie. J’espère que mes chroniques ne seront pas trop sombres !
      J’ai vu que de ton côté, tu étais en plein projet : Bon courage 🙂

  2. Chouette cette rubrique ! Je me trompe peut-être mais je vois exactement où se situe ton balcon et oui on voit tout !! Ici aussi des petits foyers et des gens qui passent la nuit dehors et les nuits sont très fraîches contrairement aux idées reçues… trop de gens laissés sur le carreau, au nom de quoi ?!

    1. Tu me fais peur, là ! C’est vrai, tu vois où c’est ???
      Beaucoup de gens laissés sur le carreau, c’est vrai. Je me demande toujours comment ils en sont arrivés là. La société marocaine est très inégalitaire mais elle est aussi très solidaire. Les liens familiaux sont extrêmement importants. L’hospitalité est perçue comme un devoir. Je ne comprends pas comment, dans ces conditions, certains se retrouvent dehors. Ça reste un mystère pour moi et c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi ce premier « portrait » est très imagé, comme vu de loin. J’ai été incapable de me projeter dans la vie de ce personnage !
      Bon week-end à Dakar 🙂

      1. ne prends pas peur, je ne suis pas un serial killer !! Au sénégal aussi, pays très solidaire il y a des laissés complètement pour compte et ça pose encore plus de question sur leur parcours…

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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