Rose chagrin

Hier, Mamie est morte.

Enfin, c’était il y a neuf ans.

C’était hier.

« Faire son deuil », je ne sais pas ce que ça veut dire. J’ai accepté ce départ dès la première seconde comme quelque chose de normal et naturel. Comme un soulagement, la fin d’une souffrance. Comme un départ vers une terre promise, vers la rencontre préparée tout au long d’une vie.

Dès le début, l’acceptation.

Mais la peine – immense. Mais les larmes – incontrôlables. Mais le temps – qui n’a rien apaisé.

Neuf ans. Et les photos sont toujours cachées. Neuf ans. Et les souvenirs sont toujours rangés, conservés bien à l’abri, dans un tiroir de ma mémoire marqué Danger – à manipuler avec la plus extrême précaution

Je ne l’ouvre qu’en de rares occasions, quand la vie me laisse un peu de place pour y répandre mes émotions. Mais je le referme aussi vite, pliant soigneusement le passé dans les cases en velours de ma boîte à trésors.

Cette peine-là prend trop de place si on la laisse faire. Il faut la mettre de côté, la garder sous clef.

« Faire son deuil » ? Est-ce que ça signifie pouvoir un jour y penser sans voir ma vue se brouiller ? Pouvoir regarder les photos sans cet étau impitoyable qui m’étreint la gorge ?

Est-ce que cette douleur s’arrête un jour ?

 

Rose et les flamands

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2 réflexions sur “Rose chagrin

  1. Je ne sais pas Marie. Je crois que la douleur s’apaise un peu. Ou alors on apprend à vivre avec. Savoir que l’autre est désormais en paix aide un peu.

    1. Je ne sais pas, je ne dois pas être comme tout le monde, Marie! C’est cette hyper-émotivité qui me joue toujours des tours! J’accepte ce décès comme quelque chose d’on ne peut plus normal, et je crois dur comme fer qu’elle est partie vers un mieux et qu’on se retrouvera un jour. J’ai même été soulagée de voir la fin de ses souffrances, parce que c’était excessivement dur de la voir décliner. Pourtant après neuf années, je ne peux toujours pas penser à elle sans avoir la gorge serrée et les yeux pleins de larmes! C’est à n’y rien comprendre! Pour ma part, c’est plutôt apprendre à faire avec, prendre l’habitude de mettre certaines pensées de côté pour éviter d’être une fontaine perpétuelle.

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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