Page blanche

La voilà, l’idée !

L’idée parfaite. Exactement celle qu’il me fallait.

Elle a surgit comme ça, sans prévenir, d’une simple phrase lâchée au détour du quotidien ; juste quelques mots prononcés sans même y penser et la voilà qui se balance devant mes yeux.

Volatile. Fugace. Changeante.

Je la vois se dessiner, évoluer, se préciser.

C’est une idée gorgée de soleil, avec de la douceur dedans et de belles couleurs.

C’est une idée vagabonde, une invitation au voyage, un chemin creux aux senteurs de Provence dans lequel j’aimerais emmener mes lecteurs.

Mais pour ça, il va d’abord falloir la coucher sur le papier.

Il va falloir la saisir, aussi imprécise soit-elle, pour lui donner forme ; la couler dans des mots aux contours bien nets, en tracer les lignes et les zones d’ombre, en peindre toutes les nuances, tout doucement, par petites touches, en s’efforçant de ne pas l’abîmer, de ne rien en perdre, de garder intacte toute l’émotion qu’elle contenait et que je veux partager.

L’exercice est ardu. Chaque choix semble décisif. À chaque mot, je redoute le faux pas, celui qui me fera dévier de ma route et perdre le fil définitivement. Je sens que si je m’engage dans une mauvaise voie, je ne parviendrai plus à revenir en arrière. Et l’idée sera trahie. Gâchée. Fichue.

Alors j’hésite. Je tergiverse. Je tourne en rond autour de ma machine, reportant sans arrêt le moment de me jeter à l’eau, d’attraper mon idée à pleines mains pour la jeter sur mon clavier et la faire exister ailleurs que dans ma tête.

Je me contente de la contempler de loin, ma belle idée, du coin de l’œil, du bout des cils, sans oser l’approcher de trop près…

Qui sait ? Elle pourrait bien s’évaporer à tout jamais.

écrire à la machine

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16 réflexions sur “Page blanche

  1. Parfois l’idée est là mais les mots se défilent, ou bien rien ne semble à la hauteur de cette belle idée. Comme le dit Petite Yaye, se lancer, sans s’attendre à quelque chose de particulier. Juste faire le premier pas, en se félicitant de l’avoir fait. Le reste suivra…
    Affectueuses pensées Marie.

    1. C’est sûr, Marie, quand l’idée est là, il faut se lancer, advienne que pourra. Mais parfois on a peur de la gâcher, de ne pas la traiter comme il faut. Il suffit d’une phrase pour être embarqué dans une toute autre direction, pour dire tout à fait autre chose, pour peindre un tout autre tableau… C’est aussi ce qui nous fait vibrer dans ce processus d’écriture, au fond…
      Bises lointaines

  2. Très beau, pour un écrit sur la page blanche je trouve ça très inspiré 😉 ! L’image que j’aperçois au travers de tes mots me fait penser à un poème de Prévert :Pour faire le portrait d’un oiseau.

    1. Salam Dija ! Tu m’as manqué !
      Je suis très occupée par mon travail ces jours-ci, et puis j’essaye de passer moins de temps à traîner sur mes écrans. Du coup, j’écris moins.
      Mais je cogite, malgré tout, et j’ai une belle idée en tête sur laquelle j’aimerais me pencher dès que j’aurai une minute.
      Bises lointaines. J’espère que tu vas bien, ainsi que ta petite famille 🙂

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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