Mon voile et ta peur

Quand tu me vois, discrète, passer dans la rue,

Que tes yeux se heurtent à ce bout d’tissu

Que tu ne comprends pas, que tu ne connais pas,

Est-ce vraiment la haine que tu vois en moi ?

 

Quand nos yeux se croisent et que je souris,

Que j’te dis bonjour, que j’te dis merci,

Toute à ma p’tite vie, l’esprit loin, ailleurs,

Est-ce vraiment la peur qui étreint ton cœur ?

 

Ce n’est pas ta faute et je ne t’en veux pas.

Comment rester zen face à cette folie ?

Comment s’y retrouver dans tout ce qu’on nous dit ?

Si j’les écoutais, j’aurais peur de moi !

 

Mais j’ai beaucoup d’peine que tu me voies comme ça.

Pour moi, ce foulard symbolise ma foi

Et ma foi est paix, droiture, bienveillance ;

L’extrême opposé d’un goût pour la violence.

 

La Koutoubia en calèche

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8 réflexions sur “Mon voile et ta peur

  1. Magnifique texte Marie qui parle si bien des doutes qui nous assaillent parfois et de la peine aussi que je lis souvent dans les yeux des femmes qui portent le voile avec au fond du cœur la même foi que toi.
    Je t’envoie de tendres pensées et merci pour ton sourire face à cette inquiétude grandissante. Un sourire a un pouvoir inestimable.

    1. Merci Marie. Ce n’est pas évident de savoir que certaines personnes associent à l’apparence qu’on a choisi des choses qui sont en totale opposition avec ce que ce choix représente pour nous. Quel décalage ! Sourire, c’est sans doute tout ce qu’on peut faire pour contrer cette obscure réputation qui nous colle bien malgré nous 🙂

  2. Très joli,tu as trouvé les mots…j’admire les femmes voilées, malgré ma foi, je n’ai pas encore sauté le pas mais parfois l’idée d’abandonner mon métier pour le porter me traverse l’esprit…un jour inch Allah je le porterai.Qu’Allah te protège des regards malveillants et qu’il ne t’apporte que des regards bienveillants.

    1. Merci Clarisse. Pour moi, c’est presque de l’histoire ancienne, je le porte depuis plus de 20 ans ! Ce n’est pas toujours facile mais globalement, j’ai rarement eu des réactions ouvertement hostiles en Europe. C’est à la suite d’une discussion passionnée avec l’un de mes proches – qui me connaît voilée depuis toutes ces années – que j’ai écrit ce texte. Je me suis rendue compte que les préjugés avaient la dent dure, même chez ceux qui côtoient des musulmans en bonne intelligence.
      Que Dieu t’accorde de vivre ta foi selon ton cœur. Je rêve d’un jour où plus personne n’aura à choisir entre ses principes religieux et sa vie professionnelle dans notre pays « des lumières » 🙂

      1. Salam, c’est vrai qu’on vit un moment trouble, inquiétant et paradoxal, dans la France des lumières, de la liberté, égalité, fraternité. Mais je reste optimiste à l’échelle de l’Histoire, cette page sera un jour tournée, je ne suis pas du tout certaine d’être encore là. Bientôt, je suis sensée reprendre le travail et il va me falloir démissionner car je ne serai pas acceptée vêtue d’un foulard… HamduliLlah, une nouvelle épreuve, une nouvelle chance de prouver ma foi 😉

      2. Oh lala, bon courage ma sœur. C’est vraiment ridicule et aberrant, cette frilosité par rapport au foulard. Je suis comme toi, je me dis que tout ça passera. Il faudra bien dépasser ce cap à un moment donné. Les nouvelles générations de Français musulmans ne vont pas continuer indéfiniment à se laisser traiter comme des citoyens de seconde zone. Il faudra bien compter avec eux, tôt ou tard, et garantir à chacun les droits qui sont les siens.
        Bises lointaines.

  3. Salam, je viens enfin de lire ce texte, et tes deux dernières publications, toujours dans la justesse et la douceur, je retiens,

    « Mais j’ai beaucoup d’peine que tu me voies comme ça. Pour moi, ce foulard symbolise ma foi. Et ma foi est paix, droiture, bienveillance ; L’extrême opposé d’un goût pour la violence. »

    « Tout ce qui importe c’est d’être ensemble, de se réconforter, de s’étreindre, d’être là les uns pour les autres. D’être en paix les uns avec les autres. À nul autre moment de la vie on ne perçoit avec autant de clarté ce qui compte vraiment. Je voudrais ne jamais l’oublier. »

    « Si un jour, j’oublie qui je suis,
    Souvenez-vous alors de ma bonne humeur. De mon grain de folie ; Souvenez-vous de manier pour moi l’humour, Et la poésie. »

    Merci d’être là, à partager avec nous la beauté de tes pensées et de tes mots 🙂 🙂

    Ps, Il faut croire que tes conclusions sont l’apothéoses de ta prose !

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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