Ces moments-là

Nous les connaissons tous un jour ou l’autre, ces moments où nos aînés, ceux que nous avions toujours connus, ceux qui avaient toujours été là, s’en vont ; et où le temps se suspend soudain pour ceux qui restent.

Nous les connaissons tous, ces jours qui semblent ne pas avoir de fin, ces heures passées près du défunt, en marge de la course du monde.

Dehors, la vie bat son plein. Mais tout nous semble si futile.

Nous avons alors mille choses à régler, mille détails à choisir, comme autant de petites occasions de se souvenir de lui, de le mettre à l’honneur, de prolonger sa présence ; comme autant de petits fils qui nous rattachent à lui, encore un peu.

Le temps semble s’étirer pour épouser nos besoins. Être actif et inactif. S’occuper et se poser à la fois. Prendre le temps qu’il faut pour bercer sa douleur.

C’est dans la longueur de ces instants que l’on mesure l’éphémère, la finitude, le temps qui passe, le temps perdu et le temps donné. C’est dans la profondeur de cette peine-là que l’on mesure tout ce que l’on a reçu d’amour, de tendresse, de soutien, de confiance ; et que l’on réalise à quel point ce cadeau a été essentiel.

Dans ces moments-là, les broutilles, les queues de cerises passent au second plan. Les discordes et les rancœurs sont mises de côté. Elles ne font pas le poids face la réalité qui nous frappe en pleine figure. Elles nous apparaissent dans toute leur inanité.

Tout ce qui importe c’est d’être ensemble, de se réconforter, de s’étreindre, d’être là les uns pour les autres. D’être en paix les uns avec les autres.

À nul autre moment de la vie on ne perçoit avec autant de clarté ce qui compte vraiment.

Je voudrais ne jamais l’oublier.

wp_20160607_001-copie

Publicités

6 réflexions sur “Ces moments-là

    1. Merci à toi d’être passée par ici, Stéphanie 🙂
      J’oublie toujours que vous vous levez beaucoup plus tôt que nous, là-bas, dans la péninsule arabique (ma sœurette vit tout près de la « Saoudie » alors j’ai un peu la tête connectée avec cette partie du monde !).
      A bientôt

    1. Merci beaucoup Catherine, c’est vrai que nos « petits » resteront toujours nos « petits » – c’est ce que je m’efforce de leur faire comprendre ! Mais en fait, ici, je parlais de nos aînés dans le sens de « parents », « grands-parents » qui s’en vont pour toujours. Ça m’apprendra à être toujours évasive ! Il faut que je m’emploie à être plus claire !!!
      Plein de bises ❤
      Belle journée également

  1. Ce sont des instants délicats à vivre. Qu’il est dur parfois de laisser partir ceux que nous aimons et avec qui nous avons tant de souvenirs Marie. Pourtant tu as raison pendant ces quelques jours en famille le temps semble se suspendre et nous les accompagnons dans leur dernier voyage, le coeur lesté de toutes les blessures et peines, lourd de plein d’amour.
    Je t’embrasse fort. Prends soin de toi Marie

    1. Oui, Marie, ce sont des moments où on a vraiment besoin de se mettre entre parenthèses pour « digérer » la réalité de la séparation (le mot digérer n’est pas très élégant, mais c’est réellement la sensation que j’ai eue ces deux dernières fois). J’avais ce besoin de me poser pour intégrer les choses et un incroyable besoin d’amour et de douceur. Ces moments-là sont un peu des électrochocs pour nous rappeler ce qui est important.
      Merci de ton soutien. Bises à vous 2

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s