Mon album de senteurs #1 – la terre

J’ai failli être en retard ! La ponctualité n’est vraiment pas mon fort, mais j’y travaille…

Mon album de senteurs, c’est le rendez-vous mensuel que je vous propose autour des odeurs et des souvenirs (pour les modalités du rendez-vous, c’est ici).

Le premier thème était « la terre » et c’est avec un immense plaisir que j’ai découvert les participations de :

Marie, du blog L’atmosphérique.

Nathalie, du blog Poussières de vie.

Stéphanie, du blog Elle a 40 ans.

Et la participation inattendue de :

A… , du blog Fleur de flocons

Merci à toutes les QUATRE (!) de nous avoir fait voyager dans leurs régions et dans leurs souvenirs.

SavedPicture-201718154634.jpg

*****

Comme je vous le disais, pour ce premier souvenir olfactif, je me suis tournée vers ma toute petite enfance, quelque part en Wallonie. J’ai fermé les yeux, et j’ai essayé d’explorer mes souvenirs pour voir s’il y avait une odeur particulière qui s’en dégageait…

Je trouve assez insolite, alors qu’il s’agissait justement de plonger dans le passé, de revenir à ses racines peut-être, que ce soit l’odeur de la terre qui se soit rappelée à moi.

Mais attention, ce n’est pas n’importe quelle terre.

Celle que j’allais fouler plus tard, dans mes aventures provençales, et dans laquelle s’enracine aujourd’hui ma nostalgie d’exilée, n’a pas du tout la même odeur. Celle-là est sèche et parfumée des mille plantes aromatiques qui poussent là, partout, à portée de main : thym, romarin, fenouil, menthe poivrée… Cette terre est claire, parfois rouge, hérissée de roches. C’est une terre sauvage qui ne s’offre pas facilement. Elle exhale sous le soleil accablant, le « cagnard » comme on dit, quelque chose de rude et de doux à la fois ; de violent et de beau.

La terre de mes origines, de mes racines, est très différente. C’est une terre riche et grasse, noire, gorgée de pluie. Elle est docile sous la bêche de mon arrière-grand-père ; elle colle à ses sabots de bois.

Elle donne généreusement les indispensables « canadas » – les pommes-de-terre – qui sont de tous les repas. Elle procure l’herbe abondante dont se nourrissent les vaches, promesse de tant de délices crémeux. Elle assure les incontournables betteraves à sucre, que l’on voit parfois s’élever en monticules grisâtres au milieu des champs, et qui donneront la fameuse « cassonade », ce sucre roux à la texture légère, délicieux sur des crêpes chaudes.

Le jardin de mes premières années s’étire entre une façade de briques rouges et une grande prairie clôturée où papa élève quelques moutons, et des oies qui me terrorisent. Je m’aventure rarement de ce côté-là. Les jars font un boucan d’enfer dès qu’on s’approche et il y a plein d’orties. Je préfère rester près du trottoir recouvert de mousse qui longe la maison. C’est plus sûr.

Quand il fait beau, maman étend le linge près du lilas en fleurs et j’ai le droit de rester dehors pour jouer. Bernard me tourne autour, protecteur. Bernard, le saint-bernard, bien sûr ! Mais l’heure n’est ni au jeu, ni au câlin, Bernard : je suis très occupée.

Accroupie près des trois marches qui permettent de remonter à la maison, je m’emploie à gratter la terre à l’aide d’une pelle et d’un râteau de plage… C’est qu’il y a tout un univers là-dessous ! Un univers qui grouille et se frétille… Un univers vivant qui me fascine et que j’aime observer. Déjà.

J’ai trois ans. Quatre peut-être. Sous le pâle soleil d’un printemps belge, je m’emploie à récolter des vers de terre.

Avec application, je répartis mes petits pensionnaires dans les moules en plastique que j’emmène d’habitude au bac à sable. Je les ai remplis de terre pour l’occasion. Ils pourront s’y tortiller tout à leur aise en attendant mon retour… Ils y seront bien, j’en suis sûre.

Je n’ai jamais compris pourquoi ces lombrics peu coopératifs s’obstinaient à se dessécher !

Cruelle insouciance de l’enfance, qui ignore encore tout de la vie et de la mort.

Mon esprit vagabonde parfois vers ce jardin humide, vers cette terre détrempée qui m’a vue naître, et que j’ai quittée.

pommes-de-terre_van-gogh

Van Gogh, Paysans récoltant des patates, 1890.

*****

Pour le volet suivant, j’ai retenu le thème qui a été proposé par Marie. Ce sera :

VIENNOISERIES

Mmmh… Vous sentez ce délicieux fumet ? Pâte feuilletée ou levée, beurre, sucre… Fruits, peut-être ? Ou chocolat ? Ou crème pâtissière ?

À quoi ressemblent les viennoiseries de votre enfance ? Celles que vous aimez aujourd’hui ? Quelle odeur ont-elles ? Quels souvenirs les accompagnent ?

À vous de jouer ! J’espère que vous serez inspiré(e)s par ce thème gourmand.

Publicités

7 réflexions sur “Mon album de senteurs #1 – la terre

  1. J’aime l’odeur de tes souvenirs Marie. Ils sont simples et magiques. Ton écriture m’a transportée dans cet univers que je ne connais pas. Divin.
    Merci d’avoir retenu le thème que je t’ai proposé…
    Tendre journée à toi.

    1. Merci beaucoup Marie. On voyage pas mal, finalement, en explorant les odeurs et les souvenirs. Je suis ravie de t’avoir fait découvrir un peu de ma terre natale – et de t’avoir suivie chez toi, sur la terre qui t’est chère.
      Pour le thème, je n’ai pas grand mérite, c’était le seul thème proposé!!! Et il m’inspire assez, je dois dire 😉
      Très belle et sereine soirée.

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s