Écrire

Ce désir me brûle de plus en plus.
Me consume. Hante mes nuits. Mes jours. Mes lendemains.

Écrire.
Dire qui je suis.
Laisser une trace.
Ne pas avoir vécu pour rien.

Écrire.
Entrer en soi et goûter le silence.

Écrire.
Instiller de la beauté dans ce monde. Sublimer le banal. Donner du relief à la platitude.

Écrire.
Mettre en lumière ce qui, d’habitude, reste dans l’ombre. Ceux qui, d’habitude, restent dans l’ombre. Les trajectoires qui ne font rêver personne. Les héros méconnus du quotidien. Chaque vie, chaque parcours est un récit passionnant.

Écrire.
Sur l’humain. Sur l’essentiel. Sur ce qui nous lie les uns aux autres. Sur ce qui transcende nos différences. Sur ce que nous avons tous en commun au-delà de nos oripeaux.

Écrire pour jeter des ponts entre deux rives.

Écrire.
J’ai des histoires plein la tête, des archives inachevées, des idées griffonnées de-ci, de-là.
Qu’est-ce qui m’empêche de les faire aboutir ? Qu’est-ce qui m’empêche de les prendre une par une et d’en suivre tout simplement le fil jusqu’à leur dénouement ?
Je suis assaillie par les doutes. Paralysée par les craintes.
Et si c’était mauvais ? Et si c’était creux ? Et si c’était moi qui étais mauvaise et creuse ?
Et si mon âme, ainsi dévoilée à travers mes lignes, se révélait vide ?
Vide de sens ?! Vide de vie ?!

Écrire, mais vouloir le faire bien. Devoir le faire bien.
Mon désir se heurte sans arrêt à ce besoin de perfection, à cette injonction inconsciente de faire les choses le mieux possible, à la peur de ne pas y arriver, à la peur de gâcher l’idée de départ de manière irrémédiable. À la peur de trop en dire. D’ouvrir une fenêtre un peu trop grande sur mon intimité. Sur mes faiblesses. Sur mes failles.
À la peur de blesser aussi. De tracer des portraits trop reconnaissables, des profils trop ressemblants. Mes mots ne savent pas encore s’éloigner de la réalité.

Écrire.
Mille idées me traversent l’esprit quand je suis au volant, quand j’épluche mes patates, quand je vide mon lave-vaisselle et que je range mes courses, mais jamais quand je prends la plume ! C’est un flot continu de phrases, d’images, de pensées de toutes sortes, qui défilent devant mes yeux alors que je traverse la ville plusieurs fois par jour, qui fusent et s’organisent tandis que j’ai les mains occupées par les tâches domestiques – et me désertent désespérément au moment où, impatiente, je me rassieds enfin devant mon clavier.

Page blanche. Tête vide. Absence de mots.

Panne sèche – Encre tarie.

Écrire, pourtant, car c’est la seule chose que je sais faire.
Arrêter d’hésiter et me jeter à l’eau.

Me jeter à l’encre.

Travailler, accomplir, se réaliser

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12 réflexions sur “Écrire

  1. Oui vas-y Marie. C’est le seul conseil que je peux te donner. Lance toi sans impératifs, sans te mettre toutes ces barrières.
    Toujours et chez tous d’ailleurs la peur est là (tu décris bien toutes ces limites qui nous empêchent d’oser) mais si tu regardes plus loin tu te rendras compte que cette peur n’a aucun fondement. Qu’arriverait-il si par hasard le texte ne plaisait pas?
    Ce que je retiendrais, moi, c’est ton courage d’avoir sauté le pas, d’avoir essayé, d’avoir dépassé ta peur première – primaire.
    Jette toi dans le chaos, le tumulte. Tes mots respirent cette envie pressante. Tu ne peux pas passer à côté. C’est en toi. C’est une part de toi.
    Et puis pense aussi à toutes ces vies qui n’attendent que ça, à tous ces étrangers qui méritent d’exister.
    Quand je regarde mon travail, je me dis que le premier recueil sorti est loin d’être parfait. Il y aurait beaucoup de choses à revoir, à modifier. Mais l’essentiel n’est pas, plus là, l’essentiel c’est que mes mots aient touché des personnes. C’est pour ça que j’écris, pour partager, faire passer des émotions.
    Sache que moi je l’attends, je les attends ces textes retravaillés et que ce serait un immense bonheur d’avoir un de tes livres sur mes étagères un jour.
    Je t’embrasse et te souhaite d’avancer dans la direction de tes rêves. Avec foi.

    1. Merci beaucoup Marie pour ta présence et tes encouragements. Merci pour ta confiance aussi. Je sais que tu as raison. Que je dois foncer sans me mettre de barrières. Le problème, c’est que je ne le fais pas exprès !!! Un jour je suis gonflée à bloc, prête à déplacer des montagnes, avec 1000 idées qui fusent et la certitude que je vais y arriver et que ça être génial… Et le lendemain, j’ai l’impression que c’est mauvais, nul, creux, et que je n’ai vraiment rien à dire… En général, j’ai plein d’idées quand je suis très occupée et que je n’ai pas une seconde pour les mettre par écrit, et au moment où j’ai enfin ce temps, paf ! C’est le blocage. Rien ne vient !!!
      Mais je poursuis ce rêve malgré tout. Et ton exemple est là pour me rappeler que c’est possible.

      1. « Et le lendemain, j’ai l’impression que c’est mauvais, nul, creux, et que je n’ai vraiment rien à dire » – je me reconnais dans tes mots. J’en suis souvent là moi aussi Marie. J’espère que doucement tu arriveras à poser les bases de ton rêve. En tous cas je me répète mais je serais là, je te suivrais moi aussi où que tes pas te mènent. Je t’embrasse.

      2. <3<3<3
        Je crois bien que tous ceux qui essayent de produire quelque chose passent par là, Marie. Que ce soit un poème, un récit, un tableau, etc.
        J'avance. Peut-être très lentement, mais j'avance. Oser se donner à lire, c'est déjà beaucoup je trouve !

  2. C’est très beau ce texte Marie, pour moi les idées fusent je me dis parfois que je devrais les enregistrer qd je n’ai pas de papiers pas de crayons… c’est un talent que d’écrire ainsi comme tu l’as et le fait. Plein de pensees amicales

    1. Merci infiniment, Catherine, pour ces mots qui rassurent.
      C’est vrai qu’il faudrait peut-être s’enregistrer quand on est occupé(e) pour ne pas perdre le fil. J’ai une « boîte à idée » sur mon portable: une simple liste à puces toujours à portée de main dans laquelle je note parfois les idées quand elles viennent. Je n’y pense pas toujours, mais de temps en temps je vais y jeter un œil et je suis étonnée des idées que j’y trouve et que j’avais oubliées!
      Belle semaine à toi 🙂

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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