Ramadan : le plaisir de donner

Un petit retour sur ce Ramadan 2017 qui vient de se terminer…

Cette année, contre toute attente, j’ai été une véritable MACHINE À CUISINER ! Une bête des fourneaux ! Une virtuose de la spatule et du fouet !!!

Je n’avais pas vraiment prévu ça comme ça, mais voilà. C’est ce qui s’est passé.

Pendant tout un mois, j’ai épluché, tranché, détaillé, mélangé, fouetté, enfourné sans relâche. J’ai surveillé mes cuissons comme jamais auparavant, j’ai fait dorer à point, j’ai cuit al dente, j’ai gratiné patiemment. J’ai même pétri pour la première fois des pâtes à pizzas et à quiches sans gluten. J’ai fait des glaces. J’ai fait des biscuits. J’ai fariné, beurré, salé, sucré, épicé, assaisonné – le tout sans jamais goûter, bien entendu. Je me suis extasiée en dénoyautant des cerises, en pressant des citrons ; je me suis émerveillée devant la diversité des couleurs, des parfums, des textures. J’ai beaucoup piétiné aussi. J’ai eu très mal aux pieds. Je me suis coupée, je me suis brûlée. J’ai beaucoup lavé, frotté, récuré, essuyé, rangé – évidemment. J’ai aussi râlé, parfois, d’avoir si peu d’aide.

Mais quel plaisir, chaque soir, au moment du coucher du soleil, de nous voir réunis autour d’une table si bien garnie pour partager le « ftor », comme on l’appelle ici, le repas de rupture du jeûne qui sera pour nous le seul de la journée. Quelle satisfaction d’offrir à mes jeûneurs des menus équilibrés et savoureux, des jus fraîchement pressés et mixés, des desserts confectionnés avec des fruits de saison… Quel bonheur aussi de voir mon étudiant de fils (celui des deux qui a pu être là) se réjouir, après toute une année en exil, devant ce qu’il appelle « des repas de matriarche ».

Peut-être que j’avais perdu de vue ce plaisir tout simple : faire plaisir avec des bons petits plats.

Je n’ai jamais été une grande fanatique de la cuisine. D’une façon générale, je vois ça comme une corvée et je m’y colle la mort dans l’âme parce qu’il le faut bien, et aussi – très égoïstement – parce que c’est la seule solution si je veux manger correctement avec des produits frais, et sans gluten qui plus est. Personne ne va le faire à ma place. Personne n’a cette patience-là ! Mais pas question d’y passer la journée ! Les petites bouchées qui demandent des heures de préparation pour être avalées en cinq secondes, ça n’a jamais été mon truc. Moi, j’ai toujours aimé que ça aille vite.

C’est sans doute un tort. Je me rends compte que cuisiner, finalement, c’est donner.

Cuisiner, c’est un acte d’amour. Car il en faut, de l’amour, pour rester debout des heures durant et multiplier les efforts afin que tout soit parfait, que tout aie du goût, que rien ne soit désagréable en bouche…

Je n’avais pas prévu de passer ce mois de jeûne à m’affairer dans la cuisine. Je croyais avoir besoin de spiritualité. De réflexion. De recueillement. Parfois, les choses se font d’elles-mêmes, différemment de ce qu’on avait prévu, et on réalise après coup que c’était exactement ce qu’il nous fallait.

J’avais besoin de me reconnecter à l’instant présent et au monde réel. J’avais besoin de reprendre confiance. J’avais besoin de retrouver le goût des choses simples et le plaisir de donner.

Je ne m’en doutais pas mais toutes ces choses dont j’avais besoin se trouvaient là, entre le four et le congélateur, cachées dans mes petits pots d’épices et les recoins oubliés de ma gourmandise.

Al-hamdoulillah.

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9 réflexions sur “Ramadan : le plaisir de donner

    1. Merci Marie. Il s’est passé différemment de ce que j’avais prévu, mais m’a néanmoins permis de me ressourcer comme je le souhaitais. Je crois que j’avais juste besoin de lâcher prise et de retrouver confiance.
      Belle fin de semaine également et des bises à ton bout d’chou 🙂

  1. Ravie de voir que ton ramadan à été une période où tu as retrouve les envies et le plaisir de cuisiner pour faire un don celui de l’amour mis dans la confection de ces repas. Et que tu ai pu profiter de ton fils revenu pour l’occasion. Bon été Marie bises

    1. Merci Catherine. Peut-être que c’était le point de départ pour aller mieux justement : retrouver l’envie, le goût, le plaisir de faire plaisir, sans prise de tête. J’ai pu profiter de mon fiston, et de mes deux « petits » qui sont toujours à la maison (15 et 17 ans), mais la tribu n’est pas encore au complet. Il manque encore mon fils aîné, coincé en France avec ses examens. Encore un peu de patience pour que le quatuor soit au complet!
      Bises à toi

  2. Ce ramadan t’a permis de reprendre contact avec toi en donnant ! Je n’y connais pas grand chose au Ramadan même si depuis toute petite, je vis à coté d’amis qui font le Ramadan mais ça n’est pas un peu un des sens du Ramadan justement de reprendre contact avec soi et d’offrir aux aux autres le meilleur…

    1. C’est sûr, c’est une période où on est censés faire le ménage dans notre vie et essayer de s’améliorer, faire le bien autour de soi, donner. J’avais besoin de reprendre pied dans la réalité et quoi de mieux que la cuisine pour être vraiment présents au monde, ici et maintenant ?! Avec le plaisir du partage au final.

Petits mots et longs discours, c'est par ici...

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