La dépression, le Ramadan et de nouveaux horizons

La dépression, ce n’est pas forcément voir tout en noir et vouloir mourir. La dépression, ce n’est pas forcément être au fond du gouffre. La mienne est une chape de plomb. Elle s’abat sur moi sans prévenir, m’enveloppe, pèse douloureusement sur mon dos, sur mes bras, sur ma poitrine, dans ma gorge. Elle m’immobilise, me paralyse. Chaque geste est souffrance. Chaque tâche, même la plus simple, est un Everest à gravir. Pour lire la suite, c’est par ici

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Une escale dans la lagune

Notre séjour touche à sa fin. Il nous faut ramasser nos affaires et replier nos bagages. Il nous faut reprendre la route en sens inverse pour remonter vers le nord.

Mais ce n’est pas une raison pour ne pas profiter d’une petite escale.

À Oualidia, petite cité balnéaire (et ostréicole) sur l’Atlantique, la lagune se vide et se remplit au rythme des marées. Les lieux donnent une impression étrange, presque dérangeante, à la fois d’abandon et de tourisme de masse. Mais le cadre naturel est somptueux…

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Escapade

Essaouira, c’est sympa, mais on en a vite fait le tour, et les enfants ne tiennent plus en place !

Et si on allait par les routes, à l’aventure ? On pourrait rouler le long de la côte, à travers les forêts d’arganiers, et manger un bon tajine quelque part, face à l’océan…

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On pourrait se promener sur une plage tranquille, ramasser des galets, retomber en enfance à mesure que nos poches se rempliront de trésors et que nos cœurs se feront plus légers …

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Il faut que je vous raconte l’histoire de cette photo ! On roulait sur une petite route de campagne, dans un endroit très reculé, quand on s’est retrouvés nez-à-nez avec ce drôle de convoi. J’ai tout juste eu le temps de sortir mon portable de mon sac et d’appuyer sur le bouton, sans même pouvoir cadrer… Je n’en reviens toujours pas d’avoir obtenu un si beau résultat ! C’est de la chance pure 🙂

Quelques jours d’évasion à Mogador

Ça faisait longtemps qu’on n’était pas allés flâner dans ces rues à l’atmosphère si particulière.

Essaouira, petite ville tranquille exposée aux vents de l’Atlantique, au sud du Maroc.

Essaouira et ses remparts imposants…

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Essaouira, destination privilégiée des surfeurs et glisseurs de tous poils ; des babas cool, des hippies, des rastas en tous genres.

Essaouira et ses alizés, sa médina colorée, ses souks étourdissants, son artisanat foisonnant, l’odeur puissante de ses ateliers où l’on travaille le précieux bois de thuya.

Essaouira où les Phéniciens venaient autrefois de leur lointain Liban recueillir la pourpre ; où arrivaient de Tombouctou les caravanes chargées d’or et d’épices.

Essaouira qui résonne jour et nuit des rythmes gnaouas ou reggae, des standards du blues. Essaouira qui respire l’Afrique, l’océan, les rêves de voyage.

Essaouira, l’ancienne Mogador des Portugais, une ville comme suspendue hors du temps, idéale pour se déconnecter et lâcher prise…

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Sans surprise

Il faut croire qu’on s’habitue.

Il faut croire que ça n’étonne plus personne, ces scores toujours plus alarmants.

Il faut croire qu’on finit par se faire à l’idée…

Un cinquième d’entre nous a envie de croire que tous les problèmes de notre pays n’ont qu’une seule et unique origine : l’autre.

Un cinquième d’entre nous se plaît à croire que tout ce qui vient de l’extérieur est néfaste et dangereux.

Un cinquième d’entre nous adhère à des discours dans lesquels les raccourcis les plus grossiers sont faits sans états d’âme.

Un cinquième, ça fait beaucoup.

Ça ne nous surprend même plus.

Il faut croire qu’on s’habitue à cette odeur nauséabonde qui se répand irrémédiablement.

Il faut croire qu’on ne les entend plus, ces bruits de bottes qui résonnent dans notre histoire.

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(© Philippe Lemé, Consulat de France à Tanger)

L’empreinte qu’on laisse

Rose racontait souvent cette histoire, à la fin de sa vie. Une histoire sans grande importance. Une anecdote insignifiante, qui revenait régulièrement, comme une litanie. Comme si sa mémoire malade s’était cramponnée de toutes ses forces à ce souvenir en apparence anodin pour ne pas sombrer. Que cherchait-elle à nous dire, en réalité ?

Elle commençait toujours par « J’étais en dépression, alors… J’ai décidé de coudre un costume, pour me changer les idées ! »

Cette introduction à elle seule aurait fait un excellent sujet, mais ce n’était pas son propos. Elle passait très vite là-dessus, comme si ça ne valait pas la peine d’en parler. Comme si c’était un détail sur lequel elle ne voulait pas s’attarder.

Elle s’embarquait ensuite dans un récit interminable pour nous décrire le périple qu’elle avait fait, en train d’abord, puis en bus, pour aller acheter le tissu dont elle avait besoin afin de mener son projet à bien.

Son intention à ce moment-là n’était pas du tout d’aborder cette période difficile de sa vie, ni de mettre en avant ses talents de couturière ou son incroyable bon sens. Son unique but était seulement de nous expliquer dans quelles circonstances elle s’était retrouvée dans une situation qui aurait pu très mal tourner si elle était tombée sur des personnes malintentionnées, et de nous démontrer à quel point on était naïf, parfois ; à quel point on pouvait se mettre très facilement, sans même y penser, dans une mauvaise posture. En général, elle appuyait son propos en enchaînant sur une autre anecdote, tout aussi insignifiante, que nous connaissions par cœur aussi.

Il ne s’était rien passé du tout, lors de cette aventure en quête du fameux tissu. Mais l’idée même de ce qui aurait pu se passer semblait la travailler, encore et encore. Et l’histoire rejaillissait à tout bout de champ dans la conversation, et commençait invariablement par les mêmes mots : « j’étais en dépression », « j’étais malade des nerfs », « je n’allais pas bien »…

Pourquoi éprouvait-elle le besoin de préciser cet élément ? Elle aurait tout aussi bien pu commencer son histoire en disant « J’avais décidé de coudre un costume, alors je suis allée à tel endroit pour acheter du tissu ».

Pourquoi mettre le doigt là-dessus ?

Certainement pas pour se plaindre. Rose n’était pas du genre à se plaindre. Elle était forte. Elle était volontaire. Elle ne se laissait pas aller à pleurer sur son sort. Elle se lançait, déterminée, dans un nouveau projet, avec la conviction que ça allait l’aider à remonter la pente. Coudre un costume ! Qui cousait encore ses costumes soi-même dans les années 60 ou 70 ? Elle expliquait combien c’était une entreprise ardue. Il y avait la doublure, la boutonnière, le col, les poches, les épaulettes… Elle expliquait à quel point elle avait besoin que ce soit difficile. Et quoi de plus difficile à coudre qu’un costume d’homme ?

Rose n’avait pas étudié la psychologie, mais elle sentait, au fond de ses tripes, qu’elle avait besoin d’un défi à relever pour sortir la tête hors de l’eau.

Pudique, elle ne parlait pas ouvertement de ce malaise qu’elle avait connu, ne se plaignait de rien, ne se vantait de rien, se contentait d’effleurer discrètement le sujet l’air de rien, dans une conversation très banale. Mais moi, sa petite fille, je l’écoutais en silence, assise dans un coin, et j’entendais tout ce qu’elle ne disait pas !

Ainsi donc, ma grand-mère n’était pas qu’une grand-mère. Ainsi donc, celle qui m’offrait toujours un visage radieux avait connu le chagrin. Quelle découverte ! C’était comme si, avec ces quelques mots sans cesse ajoutés à une histoire qui aurait très bien pu s’en passer, elle m’avait entrouvert une porte sur sa vie de femme, sur ses fragilités – et surtout, comme si à son insu, elle m’avait donné les clés !

Tu continues à m’inspirer, Mamy. Merci ❤

Sky is crying

Rahanna ou le temps suspendu

J’ai comme une envie de reprendre les Chroniques de mon balcon

Sous mon balcon, une ville : Tanger.

Une ville comme posée sur l’épaule de l’Afrique, telle une colombe prête à s’envoler vers l’Europe si proche.

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« ‘Atayni chi haja nnakoul… Donne-moi quelque chose pour que je mange. S’il-te-plaît, donne-moi quelque chose pour que je mange… »

Sur le parking du centre commercial, elle tente d’attendrir les passants avec cette phrase en arabe apprise par cœur. Un peu à l’écart, sa mère ne la quitte pas des yeux. Elle la regarde déambuler entre les voitures, toute engoncée dans sa doudoune, la tête au chaud dans sa cagoule de laine.

Le froid est une nouveauté pour elles. L’hiver marocain, pourtant si doux pour ceux qui viennent du nord, doit être mordant pour ceux qui viennent du sud ; ceux qui ont traversé le désert dans l’espoir d’une vie meilleure, là-bas, de l’autre côté de la mer. On les appelle « les subsahariens », « les clandestins », « les candidats à l’émigration ».

Ils sont nombreux à s’échouer ici, dans cette ville à la croisée des chemins : seuls quatorze petits kilomètres nous séparent du continent tant convoité. Ils mettront le temps qu’il faudra, ils passeront peut-être des mois ici, ou même des années, à mordre la poussière, mais ils finiront par trouver un moyen pour passer. Ils n’ont quand même pas fait tout ça pour rien ! Il faut qu’il y ait un moyen.

*****

« ‘Afak, ‘atayni chi haja nnakoul… »

Je ne l’ai pas entendue arriver.

Debout devant ma voiture, les bras chargés de sacs en tous genres, je fouille désespérément les profondeurs de mon sac à main à la recherche de mes clés. Je suis pressée. Je suis stressée. Demain, je décolle pour un petit périple européen de deux semaines. France, Belgique, Pays-Bas. Le tour habituel pour essayer de voir tout le monde. Il ne me reste que quelques heures pour préparer mon voyage. Je n’ai pas une seconde à perdre.

Machinalement, sans même la regarder, je lui demande en arabe d’attendre un peu. Où ai-je donc mis ces clés ? C’est pas vrai ! Mais qu’est-ce que j’en ai fait ?

– Madame, qu’est-ce que tu cherches ?

Son français est parfait. Les gosses des rues ne parlent pas français, d’habitude. Intriguée, je redresse la tête pour voir à qui j’ai affaire. Deux grands yeux sombres en amande dans un visage comme sculpté dans du chocolat. Impossible de ne pas fondre. Je me radoucis un peu avant de reprendre mes recherches fébriles.

– Je cherche ma clé de voiture…

Mes doigts sondent nerveusement les replis de cuir. Le portefeuille, le porte-monnaie, un stylo, quelques tickets de caisse. Mais pas de clé.

– Tu l’as perdue ?

– J’espère bien que non !

Quelle horreur ! Je frémis à l’idée d’être bloquée là, à plusieurs kilomètres de chez moi. Je me vois déjà obligée de prendre un taxi, de remonter chez moi à la hâte, de retourner les tiroirs de mon bureau à la recherche de la clé de secours, de revenir plus tard, toujours en taxi, pour rapatrier mon véhicule – lequel est quand même censé nous acheminer jusqu’à l’aéroport à une heure plus que matinale. Et quand est-ce que je vais boucler mes valises, avec tout ça ?!

– Pourquoi tu veux ouvrir ta voiture ? me demande la fillette. Tu veux ranger tes courses dedans ?

– Oui… Oui, c’est ça. Je veux ranger mes courses…

Et rentrer à la maison, accessoirement

– Ah ! La voilà !

Victoire ! J’extirpe enfin le trousseau fugitif de je ne sais quel ourlet insoupçonné.

La petite fille me tourne autour, s’émerveille devant mon porte-clés : une petite babouche en cuir rouge munie d’une fermeture éclair qu’elle s’amuse à ouvrir et à refermer. Elle s’avance pour ouvrir le coffre à ma place, essaye, n’y arrive pas, recommence, appuie de toute la force de ses petites mains.

J’attends. Je l’encourage.

– Madame, c’est dur ! Tu peux le faire toi ?

Elle s’écarte pour me laisser faire et demande si elle peut refermer elle-même.

Eh bien… Pourquoi pas ?

– Fais attention à tes doigts… Voilà… Bravo !

Elle rayonne d’y être arrivée toute seule. Je me délecte de son sourire.

– Madame… Tu es de quel pays ?

– …

Que lui dire ? …Je suis du pays qui représente peut-être tous tes espoirs. Je suis du pays que tu rêves peut-être d’atteindre un jour, quand ce cauchemar sera terminé, quand tu seras arrivée au bout de ton voyage. Je suis d’un pays pour lequel je m’envolerai demain, comme ça, en un claquement de doigt, après de simples formalités, alors que toi, tu resteras bloquée ici devant un mur aussi infranchissable qu’invisible.

Ses grands yeux en amande me sondent. Je me contente de répondre :

– De France… Et toi ?

– De Côte d’Ivoire.

Elle prononce ce mot fièrement, avec entrain. Je lui souris. Ça tiraille un peu dans mes yeux.

– C’est très loin, n’est-ce pas ?

Elle hoche la tête sans rien dire.

Derrière son silence, je devine des kilomètres et des kilomètres de difficultés, de fatigue, de peur. Des dizaines de questions se bousculent sur mes lèvres closes. Comment est-elle arrivée là ? Comment s’est passé son voyage ? Qu’a-t-elle dû endurer ? À quoi ressemble sa vie d’aujourd’hui, en transit dans un pays où elle a à peine sa place, où elle doit mendier pour survivre ? Est-ce qu’elle va à l’école, au moins ?

Je n’ose pas les lui poser. Je me contente de lui demander comment elle s’appelle.

– Rahanna…

Elle roule le « r » et aspire le « h », comme en arabe.

Un 4×4 vient de se garer un peu plus loin. Rahanna se précipite pour aborder le conducteur qui en descend. ‘Atayni chi haja nnakoul…

Elle reviendra vers moi quelques minutes plus tard, au moment où je m’installerai au volant, et me quittera à nouveau, tout aussi soudainement, pour courir vers sa mère en serrant précieusement dans sa main le billet que je lui aurai glissé, non sans m’avoir soufflé avant de filer :

– Madame, tu es gentille toi…

Gentille… À travers mes larmes, en quittant le parking, je distinguerai des silhouettes me faire de grands signes au revoir en sautillant sur place, comme si, en me délestant d’un billet – qui à aucun moment ne m’a manqué, il faut bien le dire – j’avais fait quelque chose d’extraordinaire.

Gentille ?! Non, je ne crois pas…

Non, Rahanna, à cette minute précise, je ne me suis pas du tout sentie « gentille ». Je me suis sentie lâche et monstrueusement égoïste dans ma petite vie confortable. Je me suis sentie futile à courir partout et dépenser des fortunes pour préparer les détails les plus insignifiants du voyage que toi, coincée ici, du mauvais côté du Détroit, tu ne peux pas faire.

Je ne t’ai plus jamais croisée depuis ce jour de décembre. Je pense souvent à toi, pourtant, Rahanna, petite fille en suspens entre deux vies.

Je pense à ta vivacité d’esprit, à tes yeux pénétrants. Je pense à tes silences éloquents. Je pense à la vie que tu aurais pu avoir, si tu étais née dans un pays où les choses sont plus faciles. Je pense à la vie qui t’attend et que je te souhaite plus sûre et plus confortable.

Je te souhaite de la chance et des vents favorables.

Je te souhaite un cartable, des crayons de couleurs, des doigts tachés d’encre.

Je te souhaite des professeurs enquiquinants, et des nuits blanches, le nez dans tes cours.

Je te souhaite un avenir radieux, ici ou ailleurs, là où tu le voudras, Rahanna.

 

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Sur le vif

Je poursuis l’exploration de mes archives « téléphoniques »…

Quelques mots de dégoût, vomis dans l’urgence un certain 14 novembre 2015 :

Des bêtes sauvages sans cervelle.

Et encore, des bêtes c’est trop bien pour eux. Parce que les bêtes, elles, ne tuent jamais par cruauté.

Des monstres sans nom. Ni hommes, ni bêtes.

C’est comme ça que je veux les voir.  Je ne veux leur faire l’honneur d’aucun autre qualificatif. Ils n’en méritent aucun.

Et d’autres mots encore, écrits un certain 14 janvier 2015 pour crier toute mon incompréhension et mon malaise, parce que oui, quand des cinglés assassinent lâchement au nom de la religion que vous chérissez et qui, pour vous, est à l’extrême opposé de cette violence, ça vous pulvérise :

Se prendre la haine en pleine figure alors qu’on lui tournait le dos. Pleurer dans la nuit sur la violence du monde. Grossir de mes larmes les rivières de sang qui détrempent la terre, du nord au sud, d’est en ouest, partout… Pourquoi ?

Sont-ils fous de vouloir la guerre ? Suis-je naïve de n’aspirer qu’à la paix ? Quelque chose a dû m’échapper. Je ne comprends pas…

Je cherche la lumière dans le ciel. Je cherche des réponses dans les pages sacrées qui apaisent. Je cherche refuge dans la prière… Ihdina sirâta al-moustaqim, ‘guide-nous dans le droit chemin’, répété à chaque prière, au moins 17 fois par jour.

Le droit chemin…

La voie à laquelle nous sommes appelés est une voie de droiture. Le bien ne se distingue-t-il pas du mal ? C’est la justice qui nous est recommandée – pas le meurtre. Le bon comportement – pas l’insulte. La maîtrise de nos pulsions – pas l’emportement. Lutter contre nos mauvais travers pour être meilleurs.

Œuvrer pour le bien : il est là le vrai combat du Musulman. Œuvrer ! Travailler. S’employer. Se donner du mal pour bâtir. Pour faire avancer les choses. Pour promouvoir la justice et la paix, toujours.

Assalâm ‘alaykoum… Que la paix soit sur vous.

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Les murs de ma ville (petit clin d’œil)

Dans ma ville, il y a…

Des murs de verre et des murs de pierre

Des murs clinquants et des murs branlants

Des murs qu’on élève toujours plus haut,

Des Babel modernes à la faim insatiable

Des murs ostentatoires qui abritent l’opulence

Des murs remparts, des murs forteresses

Des murs fleuris pleins de promesses

Des murs décrépits qui croulent sous la misère

Des murs de fortune érigés à la hâte

Des murs qui se massent, se pressent, se poussent

Des murs qui réclament toujours plus de place

Des murs de mépris et d’indifférence

Des murs qui préservent les apparences

Des murs où le pinceau de l’artiste danse

Où les couleurs du peintre chantent

Où les identités s’affichent, éphémères

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Tanger, rue d’Italie – ou « montée de la kasbah »

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Tanger, dans une rue de la médina, un matin de janvier 2016, une fresque qui rend hommage à Ibnou Battouta, le « Marco Polo » marocain.

Marie, tu te souviens d’un instantané singulier que tu nous avais proposé sur le thème « Les rues de votre ville » ? Ces quelques mots tapotés à la hâte sur l’écran de mon portable étaient l’ébauche de ma participation. Ils étaient censés être complétés par des photos que je n’ai jamais trouvé le temps d’aller faire. Mais entre-temps, j’ai pris ces clichés-ci, au hasard de mes vadrouilles…

Je crois que ça valait la peine de sortir tout ça de mes archives 😉